Quand le camp de jour change la vie des familles montréalaises
En ce moment, des milliers d’enfants montréalais passent leurs journées à jouer et à se faire de nouveaux amis au camp de jour. Or, pour de nombreuses familles à faible revenu, c’est un luxe tout simplement hors de portée. Ces parents doivent jongler avec des solutions de garde précaires. Fidèle à sa mission de venir en aide à la communauté, Jeunesse au Soleil propose un répit financier à ces familles grâce à son camp de jour.
Des parents sous pression
L’an dernier, alors que l’année scolaire arrivait à sa fin, Esther Obi a craint que son conjoint ou elle ait à abandonner ses études. La mère de famille venait d’effectuer un retour aux études en conception de bases de données, tandis que son conjoint terminait son doctorat. Le couple n’avait pas les moyens d’inscrire ses trois enfants d’âge scolaire à un camp pour l’été.
Comment les parents dans cette situation se débrouillent-ils ?
« Je me cassais la tête pour trouver d’autres solutions. Laisser les enfants seuls à la maison et demander au plus vieux de surveiller les plus jeunes ? Les gens doivent faire toutes sortes de compromis pour arriver à s’en sortir… Je suis vraiment reconnaissante de ce que fait Jeunesse au Soleil pour venir en aide aux familles. »

Esther Obi, mère de famille
Un camp de jour accessible et inclusif
Au camp de jour de Jeunesse au Soleil, au moins 40 % des 150 places offertes sont subventionnées, ce qui permet aux parents d’assumer les frais selon leur seuil de revenus. Grâce à ce programme, Esther Obi et son conjoint ont pu poursuivre leurs études jusqu’à l’obtention de leur diplôme.
« Pour plusieurs familles, notre camp est une réelle bouée de sauvetage, souligne Marina Boulos, directrice générale de Jeunesse au Soleil. Les frais d’inscription sont beaucoup plus abordables que ceux de plusieurs camps privés, qui coûtent des centaines de dollars par semaine. »
Néanmoins, même avec un tarif hebdomadaire de 150 $, plusieurs familles ne peuvent se permettre la dépense. Les places subventionnées sont donc essentielles. « Cette formule favorise aussi une plus grande inclusion. Des enfants de différents quartiers, cultures et milieux socioéconomiques se côtoient, tissent des liens d’amitié et vivent ensemble un été qui reflète toute la diversité de Montréal », mentionne la directrice générale de l’organisme.
Cet été, le camp prend pour la première fois ses quartiers dans le nouveau siège social de Jeunesse au Soleil. Doté d’un gymnase de 836 mètres carrés (9 000 pieds carrés) et situé juste en face du parc Jarry, il offre un cadre idéal pour les jeunes.
Assurer l’avenir d’un programme essentiel
Le financement demeure toutefois un défi. Cette année, l’aide gouvernementale obtenue n’a pas été à la hauteur des besoins. L’organisme a tout de même choisi de maintenir le camp de jour au maximum de sa capacité, afin d’aider le plus grand nombre de familles possible. Résultat : un déficit de plus de 50 000 $ s’est accumulé pour les moniteurs de camp, auquel s’ajoute celui du programme.
Marina Boulos espère que la plus récente campagne de financement permettra non seulement de combler ce manque à gagner, mais aussi de développer le programme, en vue d’offrir encore plus de places subventionnées aux familles qui en ont besoin.
Plusieurs moniteurs du camp de jour sont issus de familles qui ont profité du programme lorsqu’ils étaient enfants. Aujourd’hui, ils transmettent à leur tour la confiance aux jeunes, tout en leur permettant de tisser des amitiés et de créer des souvenirs. « C’est l’un des plus beaux exemples de l’impact à long terme de ce programme », illustre la directrice générale de Jeunesse au Soleil.


Le désir de redonner
Les enfants d’Esther Obi ont adoré leur été au camp, où les moniteurs accueillaient chaque jeune comme un membre de la famille. Aujourd’hui, deux d’entre elles participent au programme de basketball de Jeunesse au Soleil, au sein duquel elles développent des amitiés ainsi que des habiletés.
« J’encourage toutes les personnes qui en ont les moyens à soutenir Jeunesse au Soleil, parce que sa mission est extraordinaire, résume la mère. L’organisme change des vies et a une réelle incidence sur les familles. J’espère qu’un jour, moi aussi, je pourrai redonner. »
« Ce qui est unique chez Jeunesse au Soleil, c’est que de nombreuses personnes qui franchissent nos portes y redonnent à leur tour. Elles ont parfois bénéficié de la banque alimentaire, de nos programmes sportifs et récréatifs ou de notre camp de jour. Aujourd’hui, elles travaillent avec nous, font du bénévolat ou sont devenues donatrices. »



